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Biographie

Biographie de Halima As-Sa’diyya

Halima As-Sa’diyya est une femme sage et raisonnable est l’une des meilleures femmes aux yeux de tout musulman et elle est chère au coeur de tout croyant.

Halima As-Sa’diyya, son histoire

Je suis partie un jour de mon pays, en direction de la Mecque, en compagnie de mon époux et de mon bébé. Il y avait avec nous des femmes appartenant à notre tribu, les Banû Sa’d. Nous étions en quête de nourrissons à allaiter. Cette année-là, il y avait une grande sécheresse qui brûla l’herbe et tarit le lait des bêtes de troupeau, à tel point qu’il ne nous resta plus rien.

Nous avions deux vieilles bêtes émaciées, une ânesse et une chamelle qui n’avait pas une goutte de lait. J’étais avec mon bébé sur l’ânesse et mon mari était sur la chamelle qui était la plus vieille et la plus maigre des deux montures.

Par Allah ! Toute la nuit, notre fils tenait éveillés par ses gémissements. Il avait faim et mes seins ne contenaient plus assez de lait pour le nourrir. La chamelle n’en produisait pas une goutte pour le nourrir.

À cause de leur maigreur et de leur faiblesse, nos montures marchaient si lentement que nos compagnons s’étaient lassés de s’arrêter chaque fois pour nous attendre. Ce fut un voyage pénible pour nous.

Notre arrivée à la Mecque

Nous arrivâmes à la Mecque et nous nous mîmes à la recherche d’enfants à allaiter. Et là, je me trouvais face à une situation à laquelle je ne m’attendais pas. C’est que Muhammad, fils de ‘Abd Allah, avait été proposé à nous toutes, sans qu’aucune d’entre nous ne l’accepte.

Un orphelin, disions-nous ! Que pourrait donc bien faire pour nous sa mère ou son grand-père ?

C’est du père que nous espérons recevoir quelque faveur !

Après deux jours seulement, toutes les femmes qui m’accompagnaient s’étaient vues confier un bébé à part moi. Lorsque nous décidâmes de quitter la Mecque, je dis à mon mari :

Il me déplait de revenir à mon pays les mains vides, sans enfant à allaiter.

Toutes mes amies avaient pris un bébé.

Par Allah ! Je vais retourner auprès de cet orphelin et je le prendrais.

Fais comme tu voudras, dit-il.

Il se peut qu’Allah y mette de la bénédiction.

J’allais trouver sa mère et je le pris. Par Allah, je ne le pris que pour la seule raison que je n’en avais pas trouver d’autre.

Muhammad (paix et bénédiction sur lui), source de bénédiction

Je le ramenai à l’endroit où nous avions laissé nos montures, je le mis dans mon giron et je lui donnai mon sein. Après que mes seins étaient vides de lait, ils se gonflèrent soudain de lait. Je le nourris et il but à satiété, de même que son frère de lait, qui téta après lui, puis il dormirent tous les deux. Nous nous couchâmes, mon mari et moi, près d’eux. Nous voulions profiter de ce calme pour dormir après que les nuits précédentes nous ne dormions que peu à cause des cris de notre enfant.

Mon mari se tourna vers notre chamelle émaciée et constata que ses pis étaient gonflés. Ne croyant pas ses yeux, il alla vers elle et se mit à la traire. Il but de son lait et je fis de même jusqu’à ce qu’il nous fût impossible de boire davantage. Nous passâmes une excellente nuit.

Le matin, mon mari me dit :

Est ce que tu sais, ô Halima, que c’est un enfant béni que tu as pris ?

Oui c’est vrai, répondis-je, et j’espère jouir grâce à lui de beaucoup de bien.

Je l’ai pris avec moi sur le dos de notre ânesse, pour prendre le chemin du retour, et elle se presser le pas et à passer devant les autres montures, qui ne parvenaient pas à la suivre.

Doucement, ô fille d’Abû Dhu’ayb (Halima As-Sa’diyya)

S’exclamèrent mes amies.

Cette ânesse n’est-elle pas la vielle ânesse que tu montais en venant ?

Si, par Allah ! C’est bien la même répondis-je.

Par Allah ! Il a dû lui arriver quelque miracle, s’écrièrent-elles !

La tribu de Halima As-Sa’diyya et les bénédictions vécurent

Nous regagnâmes nos maisons dans le territoire des Banû Sa’d. Je ne pense pas qu’il existe sur la terre d’Allah une contrée plus aride que celle-ci. Pourtant après que nous eûmes ramené l’enfant pour vivre avec nous, mon troupeau me revenait chaque soir bien reçu et plein de lait. Nous pouvions traire nos bêtes et en boire le lait, alors que les autres n’avaient pas une goutte.

Et nos voisins disaient à leurs bergers :

Allez donc, vous autres ! Faites paître vos troupeaux lâ où le berger de la fille d’Abû Dhuyab (Halima As-Sa’diyya) fait paître le sien !

C’est ce qu’ils faisaient, mais malgré cela, leurs bêtes revenaient toujours affamées, ne donnant pas de lait.

Nous jouîmes sans interruption de cette bénédiction de la part d’Allah jusqu’à’à ce que l’enfant atteigne sa deuxième année et que je le sevrai. Il grandissait bien, mieux que les garçons de son âge.

À l’âge de deux ans, il possédait déjà une constitution solide. Nous l’amenâmes à sa mère, tout en souhaitant vivement qu’il pût rester parmi nous à cause des bénédictions qu’il nous apportait. Quand j’ai rencontré sa mère, je l’ai rassurée concernant son enfant et je lui dis :

Ah si seulement tu pouvais laisser ce cher enfant chez nous, afin qu’il gagne plus de force.

Nous craignons pour lui l’insalubrité de la Mecque.

Nous insistâmes tellement qu’elle consentit à nous le confier une nouvelle fois, et nous étions très contents de le ramener à la maison.

Un évènement assez particulier pour Halima As-Sa’diyya

Quelques mois plus tard arriva un évènement qui nous effraya et nous inquiéta profondément. Un matin, alors que lui et son frère se tenait derrière nos demeures avec quelques-uns de nos agneaux, son frère vint vers nous en courant et nous dis :

Venez vite voir mon frère le Qurayshite !

Deux hommes vêtus de blanc l’ont couché par terre et ils lui ont ouvert le ventre.

Je courus vers lui avec mon mari. Nous le trouvâmes entrain de trembler et son visage était pâle. Mon mari le serra dans ses bras. Je le pris à mon tour et je le serrais contre ma poitrine et je lui demandai :

Qu’as-tu, mon fils ?

Il répondit :

Deux hommes vêtus de blanc sont venus à mois. Ils m’ont couché par terre, m’ont ouvert le ventre et l’ont fouillé en cherchant je ne sais quoi, puis ils m’ont laissé et sont partis.

Nous le ramenâmes à notre maison. À ce moment-là mon mari me dit, les larmes aux yeux :

Je crains que ce garçon béni ne fût atteint par un mal que nous sommes incapables de repousser.

Ils savent mieux que nous comment le soigner.

La séparation

Nous ramenâmes le garçon à la maison de sa mère à la Mecque. Quand elle nous vit, elle dévisagea son fils, puis me dit :

Pourquoi m’as-tu ramené Muhammad, ô Halima, alors que tu es attachée à lui et que tu tenais à le garder ?

Il est devenu maintenant un beau garçon robuste, lui répondis-je, et mon devoir a été rempli.

Craignant que quelque chose d’imprévu lui arrive, je suis venu te le rendre.

Dis-moi plutôt la vérité, dit-elle. Tu n’es pas du genre à renoncer à ce garçon pour les raisons que tu viens d’invoquer.

Cette volte-face ne la convainquit guère et elle insista pour que je lui dise toute la vérité. Je finis alors par lui raconter tout ce qui était arrivé à l’enfant. L’air soulagé, elle me dit :

Crains-tu satan pour lui ô Halima ?

Oui, répondis-je.

Oh que non ! Dit-elle. Je jure par Allah qu’il est inaccessible à satan. De grandes choses se préparent pour mon fils.

Veux-tu que je t’en donne une idée ?

Que si, répondis-je !

Elle dit :

Lorsque je le portais, je vis sortir de moi une lumière. Je pus apercevoir par cette lumière les palais de Bustra en Syrie. Quand il vint au monde, sa tête était vers le ciel et ses mains posées sur le sol.

Puis elle dit :

Laisse-le-moi et fais bon retour chez toi. Qu’Allah te rétribue généreusement pour le service que tu nous as rendu !

Nous retournâmes, mon mari et moi, à nos demeures. Nous étions tristes de cette séparation, et notre garçon aussi.

Les retrouvailles

Halima As-Sa’diyya a vécu si longtemps qu’elle atteignit un âge très avancé. Elle eut l’heureuse occasion de revoir l’orphelin à qui elle avait donné son sein. Il est devenu le maître de l’Arabie, le guide et le Prophète de l’humanité.

Elle put lui rendre visite après qu’elle ait cru en sa prophétie et en le Livre qui lui a été révélé.

Dès qu’il la vit, son visage rayonna de joie et se mit à dire :

Ma mère ! Ma mère !

Il enleva son manteau, l’étendit par terre et l’invita à s’asseoir dessus. Il l’honora et lui offrit de généreux présents sous les yeux admiratifs de ses Compagnons.

Que les prières d’Allah et Son salut soient accordés à Muhammad le bienveillant, le fidèle et le reconnaissant, le Prophète au caractère magnanime.

Qu’Allah accorde Sa satisfaction à l’honorable femme Halima As-Sa’diyya , la nourrice de notre éminent Prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui).

Source :

Les Sahâbiyyât un exemple à suivre


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