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Apprendre l'arabe

L’histoire de la calligraphie arabe

La calligraphie arabe est vieille de 14 siècle. Elle a traversé les âges et les époques tout en revivifiant son style. Parfois nommée arabesque, elle fait allusion aux beaux arts islamiques. Elle englobe le rayonnement de la civilisation islamique des bords de l’Océan Atlantique jusqu’ aux confins de l’Indonésie et des Philippines (ancien royaume de Sumatra). Ayant connu un regain d’intérêt dans l’ancienne Espagne musulmane (Al Andalous), nous vous proposons un retour en arrière au confins de ses origines.

La calligraphie arabe : une naissance autoproclamée avec l’émergence de l’Islam

 La calligraphie arabe est perçue comme un esthétique de stylisation des lettres de l’alphabet arabe. Cette technique ancienne s’est développée dans le cadre de la croyance authentique  musulmane. 

 En effet, la religion musulmane interdit les représentations humaines. Plusieurs preuves prouvent cela à la lumière du Hadith suivant.

Le Messager d’Allah ﷺ a dit:

« Tous ceux qui dessinent [des formes ayant une âme] iront en Enfer.

Pour chaque représentation faite, il leur sera accordé une âme [c’est-à-dire une vie supplémentaire] durant laquelle Allah les châtiera en Enfer. » Ibn ‘Abbas a dit à cet effet :

« Si tu dois absolument le faire, alors représente des arbres ou tout ce qui n’a pas d’âme. »

[Sahih Al Bukhari et Muslim, riyad as-salihin n°1680].

C’est donc du dogme musulman qu’a émergé un style calligraphique original et unique. Voir livre arabe sur le sujet.

 Née d’un antagonisme fort dont le point culminant consiste à combattre toute forme d’idolâtrie. La calligraphie arabe a donc laissé le pas à un art décoratif expressif. En premier lieu, elle se manifeste dans l’écriture des lettres arabes du Coran.

 Son fondement et sa cause originelle prennent forme dans la lutte contre le paganisme qui s’attachait à retranscrire l’art et la sculpture des idôles et des statues. En ce sens, nous pouvons déterminer le fait que la calligraphie arabe après la mort du prophète Mohamed (paix et bénédiction sur Lui) suivait un but noble et respectueux des règles religieuses. A savoir exprimer l’art arabo-musulman dans le respect du monothéisme pur.

 Aux antipodes de l’art occidental du VIe siècle, elle a influencé toute une civilisation tout en diffusant des styles différents dans chaque contrée du monde musulman.

Les différents courants d’expression artistique de la calligraphie arabe

 A son commencement, la calligraphie arabe émane de la région du Hijaz. C’est l’écriture artistique originelle que l’on nomme « style hijazi ».

Elle s’est développée principalement dans cette région comprise entre la Mecque et Médine. Elle s’attache à styliser les lettres du Coran d’une manière lisible et très agréable à la lecture.

 De fait, on peut tout à fait saisir que la calligraphie arabe a avant tout une fonction religieuse. Si le premier Coran a été compilé sous le calife bien guidé Uthman Ibn ‘Affan (qu’Allah l’agrée), nous pouvons estimer que la calligraphie arabe date de cette époque ou des années qui ont suivi.

  Moins d’un siècle après l’émergence de l’écriture islamique, la calligraphie arabe se réinvente  à Koufa en Irak. C’est ce que l’on nomme le style calligraphique en écriture koufique.

Ce style s’imposera facilement pendant plus de trois siècles. L’abandon progressif de ce style correspond à un changement de support. En effet, les arabes décident de délaisser le parchemin au profit du papier.

Avec l’ouverture vers l’extrême Orient, les musulmans ramènent avec eux la technique du papier qui transforment considérablement la façon d’écrire les ouvrages. Ce changement intervient au XIIe siècle de notre ère.

 Ce style calligraphique, contrairement au Hijazi qui se concentre à faire des lettres arrondies, s’attache à reproduire des angles droits. Parfois, des décorations peuvent apparaître pour combler les espaces vides entre les mots par des motifs floraux.

 Bien que les courants artistiques se subdivisent à leur tour en plusieurs catégories. Ils correspondent à des tendances régionales (style arabo mauresque andalou, égyptien, indien, perse…).

Les manifestations contemporaines de l’écriture artistique arabe

 L’émergence de scripts originaux en calligraphie arabe est l’oeuvre de l’empreinte artistique musulmane. Peu à peu, ce style religieux s’est intégré facilement dans le monde contemporain. Bien que l’écriture religieuse arabe se soit figée dans le temps avec les styles nashkh, muhaqqaq et rayhani, la calligraphie arabe regagne en intérêt dans les projets architecturaux.

Les arabesques sont reconnus dans le monde entier et les gens sont prêt à payer cher les travaux architecturaux en tout genre. Que ce soit pour la construction des mosquées, de fontaines ou de bâtiments administratifs, la calligraphie arabe a toujours sa place dans l’époque à laquelle nous vivons. Elle s’accommode dans le temps par un style identitaire fort tout comme la calligraphie chinoise en Chine. Plus que symbolique, elle est l’expression du développement artistique de toute une civilisation.

 Actuellement, on peut même se rendre compte sur Internet que des webdesigners ont repris pour leur propre compte ce style ancestral pour l’adapter aux nouveaux standards du marketing visuel.

Les musées des arts islamiques : expression contemporaine de la calligraphie arabe

 Art reconnu à part entière, la calligraphie arabe n’a pas fini d’émerveiller. Entité immatérielle fondamentale dans beaucoup de pays musulmans, cet art graphique est mis en valeur par nombreux ministères de la culture. Cela se manifeste notamment à travers la création de musées des arts islamiques.

 Ces centres culturels sont destinés à faire la promotion de l’architecture musulmane et la calligraphie arabe. Il est possible de voir en exposition de vieux manuscrits où les scripts prennent tous leurs sens.

Mais aussi des prototypes de mosquées renommées dans le monde ainsi que différents objets ayant traversé les âges comme la Qiswa (tissu de soie noir et doré qui recouvre la Ka’aba où il est écrit en calligraphie arabe la chahada).

 Pour ne citer que quelques exemples de musées des arts islamiques intéressant à visiter, nous retiendrons ici celui d’Istanbul face à la Mosquée Bleue ou celui de Kuala Lumpur a côté de la Mosquée Nationale.

 Cependant la calligraphie arabe est aussi présente dans une multitude de musées contemporains occidentaux. Il est donc possible de consulter ou voir des oeuvres au Brooklyn Museum de New York ou à Saint Petersbourg.

 Nous finissons en proclamant haut et fort que la calligraphie arabe a toujours de l’avenir devant elle. Elle suscite énormément d’intérêt dans l’ornement et la décoration à l’échelle planétaire. 

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